
Dans la tribune Zone Expos
Les nouveaux Expos
19 sept. 2026 · 344 vues
Et si, simplement pour le plaisir, on imaginait à quoi pourraient ressembler des Expos créés aujourd’hui? Un concept réalisé par VEC Collective pousse l’exercice beaucoup plus loin qu’un simple nouveau logo : identité visuelle, typographie, uniformes, symboles montréalais et même environnement de stade.
Avant toute chose, mettons quelque chose au clair : l’identité visuelle historique des Expos est excellente.
Le fameux logo « eMb », les couleurs bleu, blanc et rouge, la casquette et les uniformes font partie intégrante de l’histoire de l’équipe. Plus de deux décennies après le dernier match des Expos à Montréal, cette identité demeure immédiatement reconnaissable et profondément associée au baseball montréalais.
Si les Expos revenaient un jour, il serait donc tout à fait naturel que cette identité revienne elle aussi. Et l’objectif ici n’est certainement pas de prétendre qu’il faudrait la remplacer.
Mais sur Zone Expo, on aime aussi explorer des idées et s’amuser avec les possibilités.
C’est exactement dans cet esprit qu’un concept réalisé par VEC Collective nous a été partagé. Intitulé The New Expos, le document est présenté comme une étude spéculative d’identité de marque et d’uniformes. Son auteur a volontairement choisi de se donner une contrainte assez radicale : plutôt que de simplement moderniser les Expos que nous connaissons, il s’est demandé ce que pourrait devenir leur identité si une nouvelle franchise décidait d’ouvrir un nouveau chapitre.
Le résultat est un exercice créatif complet que nous vous présentons ici.

Ne pas recréer 2004
La réflexion à la base du projet est probablement la partie la plus importante pour comprendre tout ce qui suit.
Pour VEC Collective, un éventuel retour des Expos ne devrait pas obligatoirement prendre la forme d’une recréation exacte de l’équipe qui a quitté Montréal en 2004. Une nouvelle franchise pourrait conserver la force émotionnelle du nom Expos, tout en développant une identité représentant le Montréal d’aujourd’hui.
Pour justifier cette approche, le concept remonte à l’origine même du nom.
Les Expos ont été nommés en référence à Expo 67, cette exposition internationale qui présentait Montréal comme une ville ambitieuse, architecturale, inventive et tournée vers l’avenir.
C’est de là que vient la véritable thèse du projet :
Les Expos originaux portaient le nom d’une exposition qui montrait le futur au monde. De nouveaux Expos devraient faire la même chose.
À partir de là, l’auteur établit sa direction : honorer l’ancienne franchise sans l’imiter, puiser dans Expo 67 et le modernisme montréalais, créer un symbole suffisamment fort pour vivre seul et bâtir une identité qui pourrait côtoyer celles des franchises actuelles de la MLB.
Un nouveau « e » plutôt qu’une évolution du eMb
Le changement le plus spectaculaire est évidemment le symbole principal.
Plutôt que de tenter une nouvelle interprétation du célèbre logo eMb, VEC Collective propose de repartir avec un symbole complètement différent : un « e » minuscule aux grandes courbes, principalement bleu marine, avec un mouvement rouge dans sa partie inférieure.
Et cette simplicité est volontaire.

Le créateur ne voulait pas que ce nouveau symbole tente de raconter toute l’histoire de Montréal à lui seul. Il n’y a donc volontairement ni M, ni fleur de lys, ni balle de baseball, ni monument montréalais directement intégré au logo principal.
Le principe est plutôt que Montréal s’exprime à travers l’ensemble de l’identité.
La grande courbe bleue doit créer du mouvement et de la continuité, tandis que le trait rouge inférieur ajoute une impression d’accélération. L’espace négatif permet de garder le symbole relativement léger malgré sa forme imposante.
L’auteur y voit également un écho subtil aux grandes formes du modernisme montréalais, notamment celles associées au Stade olympique, sans toutefois transformer le logo en illustration littérale du stade.
Surtout, ce « e » a été imaginé pour l’endroit où un logo de baseball doit probablement être le plus efficace : sur une casquette, à petite taille, sans avoir besoin du mot Expos pour être reconnaissable.
Expo 67 jusque dans la typographie
Le concept devient particulièrement intéressant lorsqu’on dépasse le logo.
La typographie développée pour EXPOS et MONTRÉAL fait directement partie de la réflexion autour d’Expo 67.

Ses formes géométriques et allongées cherchent à rappeler le graphisme des expositions, la signalétique des pavillons, l’architecture et cet optimisme moderniste associé à Expo 67.
Cette direction ne s’arrête pas au nom de l’équipe.
Les noms des joueurs utilisent le même langage graphique, tout comme les chiffres. L’objectif est qu’un uniforme soit identifiable à cette nouvelle identité autant lorsqu’on le regarde de face que de dos.
Même la façon d’écrire EXPOS est volontairement assumée : le concept privilégie les grandes lettres majuscules et évite une approche rétro qui chercherait à reproduire artificiellement une autre époque.
Les références à Montréal sont toujours là
L’absence de symboles montréalais dans le logo principal ne signifie surtout pas qu’ils disparaissent.
L’auteur préfère leur donner des rôles distincts.

Un écusson circulaire place le nouveau « e » au centre d’une balle avec les mots Montréal et Expos. Celui-ci devient le symbole secondaire plus directement associé au baseball.
Une fleur de lys constitue un autre élément autonome représentant davantage la ville et la culture.
Enfin, un troisième emblème combine une architecture en forme de M avec une référence au mont Royal. Celui-ci est volontairement mis de côté dans le concept principal afin de pouvoir éventuellement servir de base à une identité City Connect.
La hiérarchie imaginée est donc très précise : le « e » représente les Expos, l’écusson représente le club dans son univers baseball, la fleur de lys représente le lieu et la culture, et le mont Royal ouvre la porte à une identité montréalaise alternative.
Une casquette volontairement très simple
Sur le terrain, la pièce maîtresse demeure la casquette.

VEC Collective propose une casquette bleu marine extrêAGE 5 — Cap, Colour & Number System, page 7]mement sobre avec uniquement le nouveau « e » à l’avant.
Ici encore, l’auteur privilégie la répétition plutôt que la multiplication des symboles : selon la logique du projet, une identité de franchise devient plus forte lorsque le même symbole est constamment utilisé.
La palette conserve cependant un lien évident avec l’histoire : bleu Expos, rouge Expos, blanc et gris acier. Le bleu marine devient la couleur dominante, le rouge apporte l’énergie et le gris sert notamment de base contemporaine aux uniformes sur la route.
Quatre uniformes pour construire une identité cohérente
La même retenue se retrouve dans les uniformes.
Plutôt que de multiplier les variantes, le projet se limite à quatre combinaisons.

À domicile, l’uniforme principal est blanc avec EXPOS sur la poitrine. Une version bleu marine avec pantalon blanc sert d’uniforme alternatif.
Sur la route, l’équipe porterait un uniforme gris acier affichant MONTRÉAL, accompagné d’une version alternative bleu marine avec pantalon gris.
Un détail résume particulièrement bien la philosophie du créateur : il écarte volontairement les uniformes crème de style faussement historique et les traitements conçus uniquement pour évoquer le passé.
Dans son scénario, le but n’est pas de fabriquer de la nostalgie.
Le but est d’imaginer à quoi ressembleraient les Expos maintenant.
Un univers visuel inspiré de Montréal
L’identité dépasse ensuite largement le terrain.

Expo 67, la Biosphère, le Stade olympique, l’architecture montréalaise, les symboles civiques et les images contemporaines de la ville composent l’univers visuel proposé.
Le projet résume cette direction en quelques idées : enraciné à Montréal, inspiré par Expo 67, moderne par conception, fier du passé et construit pour l’avenir.
C’est probablement ici qu’on comprend le mieux que l’exercice ne cherche pas réellement à effacer l’histoire des Expos.
Il tente plutôt de déplacer la nostalgie à l’arrière-plan afin de demander : qu’est-ce que Montréal voudrait montrer au monde aujourd’hui?
Et même un Parc Expos
VEC Collective pousse finalement son univers jusqu’au stade avec Parc Expos.

Encore une fois, il ne s’agit absolument pas d’un véritable projet de stade. L’auteur le précise lui-même : Parc Expos est une extension spéculative de l’univers de marque et non une proposition architecturale ou immobilière.
Le concept imagine néanmoins un stade à toit rétractable, relativement intime, conçu pour fonctionner quatre saisons et être davantage connecté à la ville.
C’est une façon de pousser l’exercice jusqu’au bout : si cette nouvelle identité existait réellement, dans quel environnement vivrait-elle?
Une nouvelle ère… pour le plaisir de l’imaginer
La conclusion du projet résume finalement très bien toute la démarche.
Pour VEC Collective, la force du nom Expos ne se limite pas à la nostalgie. Il représente aussi une certaine idée de Montréal : une ville ouverte sur le monde, confiante dans le design et optimiste face à ce qui vient ensuite.
Son concept conserve donc le nom, les couleurs, la fierté montréalaise et l’attachement à Nos Amours, mais donne à cette franchise imaginaire la possibilité de créer son propre symbole, sa propre typographie et sa propre époque.
Et c’est probablement la meilleure façon de regarder ce projet.
Pas comme une proposition visant à remplacer l’identité classique des Expos.
Cette identité existe déjà, elle est excellente, elle demeure profondément aimée et elle serait évidemment très difficile à remplacer.
Mais rien ne nous empêche de prendre une feuille blanche de temps en temps et de nous demander : « Et si? »
C’est ce qu’a fait VEC Collective avec The New Expos. Et en attendant de voir si le baseball majeur reviendra réellement un jour à Montréal, c’est exactement le genre d’exercice qu’on aime présenter sur Zone Expo : des idées de partisans, des concepts, des visions différentes et surtout une occasion de s’amuser en imaginant ce que pourrait être la suite.
Alors, qu’en pensez-vous? Quels éléments de ce concept conserveriez-vous — et lesquels vous feraient immédiatement revenir à l’identité classique des Expos?



