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Projet Peanut : qui se trouve derrière la nouvelle tentative de ramener les Expos?
13 sept. 2026 · 6 vues
Le Projet Peanut n’est pas porté par un groupe anonyme apparu soudainement avec l’idée de ramener les Expos à Montréal. Le visage du projet est Ashkan Karbasfrooshan, entrepreneur montréalais et fondateur de WatchMojo, une entreprise spécialisée dans la création et la diffusion de contenu numérique.
Son objectif est de réunir les capitaux, l’expertise et les partenaires nécessaires pour éventuellement présenter à la MLB une candidature montréalaise crédible et structurée.
Il faut toutefois garder une distinction importante en tête : Montréal n’a pas obtenu de franchise et la MLB n’a pas encore lancé de processus officiel permettant au Projet Peanut de déposer une candidature. Le projet travaille donc à mettre les différentes pièces en place avant même que cette étape puisse commencer.
Cela comprend les investisseurs, l’équipe de direction, le financement, le développement immobilier et, désormais, la recherche d’un site pour un éventuel stade.
Ashkan Karbasfrooshan, à l’origine du projet
Ashkan Karbasfrooshan est surtout connu comme fondateur et dirigeant de WatchMojo, l’une des entreprises montréalaises ayant connu le plus de succès dans l’univers de la vidéo numérique.
Son parcours est très différent de celui d’un propriétaire sportif traditionnel. Il vient du monde de l’entrepreneuriat, des médias, du contenu et de la monétisation numérique plutôt que directement du baseball professionnel.
Cette expérience influence d’ailleurs fortement sa façon d’imaginer le retour des Expos.
Pour Karbasfrooshan, le projet ne se limite pas à acheter une franchise et à construire un stade. Il envisage plutôt un ensemble beaucoup plus large combinant sport, médias, technologie, culture, divertissement et développement immobilier.
Son expérience avec WatchMojo peut notamment servir au développement de la marque, à la création et à la distribution de contenu, à l’exploitation des plateformes numériques, au développement d’une communauté internationale et à la recherche de partenaires commerciaux.
Karbasfrooshan reconnaît cependant qu’il ne dispose pas personnellement des milliards nécessaires pour financer seul une franchise de la MLB. Son rôle est davantage celui d’un initiateur : structurer le projet, réunir les bonnes personnes et attirer suffisamment de capitaux pour qu’une candidature montréalaise puisse éventuellement être prise au sérieux.
Il affirme avoir eu des discussions avec différents types d’investisseurs, notamment des entrepreneurs fortunés, des family offices, des firmes de capital-investissement et des gens déjà présents dans l’industrie du sport professionnel.
Il a même fait état d’environ 7 milliards de dollars US en indications d’intérêt non contraignantes provenant de firmes de capital-investissement. Le terme est important : il ne s’agit pas de 7 milliards déjà investis ou engagés dans une future franchise, mais plutôt d’une indication de l’intérêt financier que le projet aurait réussi à susciter.
Dan Evans apporte l’expérience du baseball
Parmi les personnes associées au Projet Peanut, Dan Evans apporte une expertise particulièrement importante.
Evans possède plusieurs décennies d’expérience dans le baseball professionnel. Il a notamment occupé le poste de directeur général des Dodgers de Los Angeles et travaillé au sein d’autres organisations de la MLB.
Son arrivée dans l’entourage du projet permet de combler une faiblesse évidente qu’aurait une initiative menée uniquement par des entrepreneurs et des investisseurs : connaître de l’intérieur le fonctionnement d’une organisation de baseball majeur.
Une franchise ne se limite évidemment pas à trouver des propriétaires et à remplir un stade. Elle doit mettre en place une direction baseball, du recrutement, du développement de joueurs, des opérations, de l’analyse de données et toute une structure permettant de bâtir une équipe compétitive à long terme.
C’est précisément le type d’expérience qu’Evans peut apporter.
Karbasfrooshan apporte donc une vision entrepreneuriale, médiatique et financière, tandis qu’Evans représente davantage le côté baseball de l’équation.
Sa présence ne signifie évidemment pas que Montréal est plus près d’obtenir automatiquement une franchise. Elle montre toutefois que le Projet Peanut cherche à s’entourer de gens qui connaissent réellement l’industrie dans laquelle il souhaite entrer.
Dan Ventrelle pour le volet affaires
Dan Ventrelle est un autre nom associé au projet, cette fois pour le côté administratif et commercial d’une éventuelle organisation.
Son expérience provient principalement de la NFL, où il a occupé différentes fonctions de direction. Son profil est donc complémentaire à celui de Dan Evans.
Evans connaît la construction et le fonctionnement d’une organisation de baseball. Ventrelle apporte plutôt une expérience liée à la gestion d’une franchise sportive professionnelle, aux opérations commerciales et à l’administration.
Cette combinaison est importante lorsqu’on considère la valeur actuelle des franchises sportives nord-américaines. Une future équipe montréalaise serait à la fois une organisation sportive et une entreprise valant plusieurs milliards de dollars.
Elle aurait donc besoin d’une direction capable de construire une équipe sur le terrain, mais aussi de gens capables de gérer les revenus, les partenariats, les commandites, les opérations et toute la structure commerciale entourant la franchise.
La structure définitive du Projet Peanut n’étant pas encore établie, il faut néanmoins demeurer prudent quant aux fonctions exactes que Ventrelle ou d’autres collaborateurs occuperaient éventuellement.
Qui sont les investisseurs?
C’est encore la grande inconnue du dossier.
Karbasfrooshan affirme avoir suscité l’intérêt de plusieurs sources de capitaux et avoir discuté avec des investisseurs privés, des familles fortunées, des firmes de capital-investissement et différents acteurs du monde financier.
Mais intérêt ne veut pas nécessairement dire engagement.
Il existe une différence considérable entre une conversation avec un investisseur, une indication d’intérêt, une lettre d’intention et un engagement ferme de plusieurs centaines de millions de dollars.
Un investisseur peut très bien être intéressé par le retour du baseball à Montréal tout en conditionnant sa participation à plusieurs éléments : l’obtention d’une franchise, l'approbation d'un stade, la valeur fixée par la MLB, l’emplacement du projet ou encore la structure de propriété proposée.
Pour l’instant, l’identité des principaux investisseurs appelés à devenir propriétaires d’une éventuelle franchise n’a pas été dévoilée publiquement.
Karbasfrooshan semble chercher à construire un groupe réunissant plusieurs types de partenaires : un ou plusieurs investisseurs principaux, des familles fortunées de Montréal, des capitaux privés et institutionnels, des gens possédant déjà une expérience dans le sport professionnel ainsi que des partenaires spécialisés en immobilier et en infrastructures.
L’idée serait de conserver un ancrage montréalais tout en ayant accès à des capitaux internationaux suffisamment importants pour soutenir une candidature de cette ampleur.
La recherche d’un terrain est maintenant commencée
Un élément a récemment fait avancer le dossier : le Projet Peanut est maintenant officiellement à la recherche d’un terrain.
En septembre 2026, le groupe a publié une demande de propositions foncières visant à identifier des sites potentiels dans le Grand Montréal pour accueillir un stade de baseball majeur et un développement immobilier à usage mixte.
Cela ne signifie pas qu’un emplacement a été choisi ni qu’un stade sera construit. La démarche est présentée comme préliminaire et non contraignante.
Elle représente néanmoins une étape concrète : le projet tente maintenant de transformer une réflexion sur le retour des Expos en scénarios immobiliers pouvant être étudiés et chiffrés.
Le choix du terrain sera probablement l’un des éléments les plus déterminants de toute éventuelle candidature. Un stade de baseball moderne nécessite non seulement suffisamment d’espace, mais aussi une excellente accessibilité, des infrastructures de transport et, dans le modèle envisagé par le Projet Peanut, la possibilité de développer tout un secteur autour du stade.
Un groupe qui doit encore faire ses preuves
Le Projet Peanut n’est donc ni une franchise de la MLB ni encore une candidature officielle.
C’est plutôt un projet en construction, lancé par un entrepreneur montréalais qui tente de réunir les capitaux, les dirigeants, le terrain et les partenaires nécessaires avant qu’une véritable occasion d’expansion se présente.
Plusieurs étapes majeures restent à franchir : confirmer les investisseurs principaux, établir la structure de propriété, sélectionner un terrain, élaborer un véritable projet de stade, obtenir les autorisations nécessaires, démontrer la viabilité financière du marché montréalais et, surtout, convaincre la MLB que Montréal mérite l’une de ses prochaines franchises.
Pour le moment, Ashkan Karbasfrooshan demeure le visage et le moteur du Projet Peanut. Dan Evans lui apporte une expertise directement liée au baseball professionnel, tandis que Dan Ventrelle peut contribuer au volet administratif et commercial d’une éventuelle organisation.
Les investisseurs qui fourniront réellement les capitaux nécessaires demeurent toutefois la pièce la plus importante encore inconnue.
Le Projet Peanut est donc beaucoup plus qu’un simple mouvement nostalgique réclamant le retour des Expos. Il commence à réunir certains des éléments nécessaires à une véritable candidature.
Mais la différence entre un projet ambitieux et une franchise de la MLB reste immense. La prochaine étape sera de démontrer que Montréal peut réunir simultanément trois choses qui ont longtemps fait défaut aux projets précédents : des propriétaires suffisamment capitalisés, un projet de stade réalisable et une stratégie capable de convaincre les propriétaires actuels de la MLB.


